S'il y en a un qui ne se plaint pas du réchauffement climatique, c'est bien lui ! Tous les ans, le rosé réapparaît aux premiers rayons de soleil, lorsque l'envie de fraîcheur devient pressante. Mais le rosé ne mérite-t-il pas mieux que cette image de simple vin désaltérant ? La réponse est clairement oui.
Idées reçues, couleur, garde et méthodes de fabrication : faisons le point sur ce style de vin beaucoup plus varié qu'il n'y paraît.
Les idées reçues sur le rosé
1) Le rosé est un mélange de vin rouge et de vin blanc : NON ! Pour les vins tranquilles, ce n'est pas ainsi que l'on élabore un rosé. La Champagne constitue en revanche un cas particulier : pour produire un Champagne rosé, il est notamment possible d'assembler un vin blanc avec une proportion de vin rouge champenois avant la prise de mousse.
2) Le rosé pâle est plus léger que le rosé foncé : FAUX ! La couleur ne permet pas, à elle seule, de connaître la puissance, les arômes ou la teneur en sucre d'un vin. Elle dépend notamment des cépages utilisés, de leur maturité et surtout de la durée et de l'intensité du contact entre le jus et les peaux des raisins. Les choix du vigneron jouent donc un rôle déterminant.
3) Le rosé est un vin sans histoire : FAUX ! Les vins consommés durant l'Antiquité étaient souvent beaucoup moins colorés que les vins rouges que nous connaissons aujourd'hui et pouvaient, par leur apparence, se rapprocher de certains rosés modernes. Cela ne signifie évidemment pas que l'on produisait alors le rosé selon les méthodes actuelles, mais les vins faiblement colorés sont loin d'être une invention récente.
4) Il faut uniquement boire le dernier millésime : FAUX ! Une grande partie des rosés est effectivement élaborée pour être appréciée dans sa jeunesse, sur le fruit et la fraîcheur. Mais ce n'est pas une règle absolue. Certaines cuvées plus structurées peuvent évoluer plusieurs années en cave et développer progressivement des arômes plus complexes, notamment épicés. Des vins de caractère comme ceux du Château Simone illustrent parfaitement cette capacité de garde.
5) Le rosé est seulement un vin d'apéritif et d'été : ENCORE FAUX ! Si sa fraîcheur en fait naturellement un compagnon des beaux jours, certains rosés possèdent suffisamment de matière, de structure et de caractère pour accompagner tout un repas. Ils peuvent donc trouver leur place à table et être appréciés bien au-delà de la période estivale.
Maintenant que quelques idées reçues sont écartées, intéressons-nous à la façon dont le rosé est réellement élaboré.
Les 3 méthodes de fabrication du rosé
Le rosé de macération pelliculaire
Il est élaboré à partir de raisins noirs dont les baies sont foulées afin que le jus entre en contact avec la peau des raisins. C'est notamment dans celle-ci que se trouvent les pigments colorants, appelés anthocyanes, qui vont progressivement donner sa teinte au vin.
La durée de macération varie selon le cépage, la maturité des raisins et le style recherché. Une fois la couleur et l'extraction souhaitées obtenues, les raisins sont pressés puis le jus poursuit sa fermentation. Cette méthode permet généralement d'obtenir des rosés plus colorés, fruités et structurés, pouvant parfois présenter de légers tanins.
Le rosé de saignée
La logique est proche de celle de la macération, mais la cuve est initialement destinée à produire du vin rouge. Après une période de contact entre le jus, les peaux et les pépins, une partie du jus est prélevée : on dit alors que l'on « saigne » la cuve. Ce jus poursuit ensuite sa fermentation séparément pour donner naissance au rosé.
Les rosés de saignée présentent souvent une couleur plus soutenue, davantage de matière et un profil plus vineux. Le reste de la cuve, destiné au vin rouge, bénéficie quant à lui d'une proportion plus importante de matières solides par rapport au volume de jus restant.
Le rosé de pressurage direct
Également appelé rosé de pressurage direct, il consiste à presser les raisins rapidement après la vendange, avec un contact limité entre le jus et les peaux. L'extraction de couleur reste donc modérée et permet généralement d'obtenir des teintes pâles ainsi que des vins privilégiant la fraîcheur et la délicatesse aromatique.
Ces différentes méthodes ne déterminent pas à elles seules la qualité du vin. Le cépage, le terroir, la date de vendange, le travail en cave et les choix du vigneron ont également une influence majeure sur le style final.
Le marché du rosé
Longtemps considéré comme un vin secondaire, le rosé a considérablement gagné en reconnaissance au cours des dernières décennies. Il est aujourd'hui produit dans de nombreuses régions du monde, avec des styles très différents.
En France, on le retrouve notamment en Loire, à Bordeaux, dans le Languedoc-Roussillon ou encore en Provence. D'autres pays viticoles, comme l'Espagne, disposent également d'une importante tradition de production.
La Provence occupe une place particulièrement forte dans l'univers du rosé français, avec des appellations comme l'AOC Côtes-de-Provence. Son influence a largement participé à la popularisation des rosés pâles, frais et accessibles, même si la région produit également des cuvées plus vineuses et gastronomiques.

Cette progression du rosé a permis à de nombreux domaines d'approfondir leur travail sur les terroirs, les cépages et les méthodes de vinification. Elle a aussi favorisé une offre extrêmement large, allant de vins simples destinés à être bus jeunes à des cuvées beaucoup plus ambitieuses et capables d'évoluer en cave.
Il n'existe donc pas un seul type de rosé, mais une grande diversité de profils : légers ou vineux, pâles ou soutenus, frais ou plus structurés, destinés à l'apéritif ou à la gastronomie.
Pour découvrir concrètement cette diversité, retrouvez notre sélection de vins rosés. Et si vous hésitez entre plusieurs régions, styles ou cuvées, n'hésitez pas à faire appel à La Cave Éclairée pour vous guider dans votre choix.




















1 commentaire
Bonjour ; Voilà je suis voisin de Mr Jean Marie Rogiez . Il nous a offert un bib de 5 litres de rosé de Touraine demi sec et nous aimerions pouvoir nous en approvisionner et voir autres vins.
Il y a deux ans que nous avons quitté le Var et le rosé de Provence. Serait il souhaitable que nous venions avec lui ?
Nous aimerions connaître les tarifs de vos vins en BiB. Nous sommes à La Croix en Touraine.
5 Rue du Christ 37150